Le bitume du parking de Santenay collait encore sous mes bottes, et mes deux téléphones vibraient dans ma paume. J’ai lancé deux applis pour une boucle bourguignonne de 25 km, entre coteaux, vignes et sous-bois. Je suis partie avec cette petite tension dans l’estomac que je connais bien, quand le point bleu peut basculer pour trois mètres de trop. En tant que cavalière de randonnée, j’ai appris à regarder le terrain avant l’écran.
Comment j’ai organisé ce test sur les chemins entre vignes et bois
J’ai fait ce test pendant 5h30, sur deux journées différentes, pour voir si les traces tenaient dans les coteaux et les fonds de vallée. J’ai noté mes écarts à chaque grand croisement, puis à la sortie des bois, là où le relief brouille vite la lecture. J’étais sûre de moi au départ, puis j’ai vu que la moindre lisière changeait la donne. Les chemins blancs de Bourgogne m’ont servi de fil conducteur, et j’ai gardé le même rythme de marche d’une journée à l’autre.
J’ai utilisé mon iPhone 13 avec Komoot et mon Samsung A54 avec AllTrails, les deux mis à jour la veille. J’ai téléchargé les cartes en mode hors ligne, puis j’ai coupé l’économie d’énergie pour ne pas brider le GPS. J’ai gardé la luminosité à la presque tout, parce que l’écran se lisait encore bien au soleil au départ. J’ai aussi laissé le guidage vocal actif au début, juste pour voir quand il devenait gênant.
Je voulais mesurer quatre choses très simples : la dérive sous-bois, la fidélité entre les rangs de vigne, la tenue de la trace sur 25 km, et le recalcul après une erreur. J’ai regardé la trace GPX comme je regarde une selle bien posée, sans me laisser tromper par une belle allure. J’ai appris à me méfier d’une ligne trop lisse. J’ai aussi vérifié si l’altitude faisait le yoyo sur les côtes, parce que ce détail m’a déjà perdue plus d’une fois.
Je randonne à cheval, je marche, et je roule aussi à vélo sur les chemins autour de Dijon avec mes deux enfants, quand nous partons plus court. J’ai gardé la même méthode que sur mes sorties en Morvan, avec un regard sur le terrain à chaque carrefour. Je ne cherchais pas un score, je cherchais une trace fiable dans de vraies conditions. J’ai fini par comprendre que la lisibilité au soleil compte presque autant que la précision brute.
Le moment où j’ai compris que la précision allait faire toute la différence
Dans la première heure, sous un petit bois serré, j’ai vu le point bleu glisser vers la route voisine alors que mes bottes restaient sur le chemin de terre. L’air sentait la feuille humide, et j’ai senti monter un doute très net dans la poitrine. J’ai sorti les deux téléphones presque d’un geste sec, et j’ai comparé les écrans à l’ombre des branches. À ce moment-là, je me suis sentie moins tranquille que je ne l’avais prévu.
Dans les rangs de vigne, l’autre appli a coupé un virage serré et dessiné une ligne presque droite entre deux courbes bien marquées. J’ai regardé la trace GPX, et j’ai été convaincue que la route pouvait mentir même quand mes pieds passaient au bon endroit. J’ai vu la différence entre un chemin réel et une trace propre sur fond blanc. Ce soir-là, je suis devenue plus vigilante au moindre angle de parcelle.
Au croisement peu visible, le guidage automatique m’a renvoyée vers la départementale, alors que le chemin agricole restait praticable. J’ai suivi l’alerte une fois, puis j’ai fait demi-tour et j’ai posé les deux téléphones sur une borne pendant 15 minutes. Le guidage vocal est arrivé en retard après la zone boisée, quand j’avais déjà dépassé l’ouverture. J’ai fini par lâcher l’affaire et par vérifier le terrain à la main, sans attendre l’annonce suivante.
Le lendemain, j’ai changé ma méthode sans me compliquer la vie. J’ai zoomé davantage sur les intersections, et j’ai coupé le guidage vocal pour garder seulement la lecture visuelle. J’ai préparé mes cartes à la maison, avec la trace déjà prête avant le départ. J’ai gardé ce réflexe parce que les alertes tardives me faisaient perdre le rythme, surtout dans les passages étroits.
Ce que les chiffres et les traces ont fini par révéler après 25 km sur le terrain
Sur 3 km sous les arbres, j’ai noté 8 mètres d’écart avec Komoot et 12 mètres avec AllTrails, mesurés entre le chemin réel et la trace affichée. J’ai revérifié ces chiffres au retour, parce que je ne voulais pas me fier à une impression. À pied, 8 mètres paraissent peu. Dans un sous-bois, 12 mètres suffisent pour faire croire à une bifurcation ratée.
Entre les rangs serrés, Komoot a gardé le bon axe mais a tremblé sur l’enregistrement, tandis qu’AllTrails a lissé le virage et mangé l’angle. J’ai vu la différence sur le GPX, où l’une des traces restait plus proche du chemin sans perdre son souffle, même si elle vibrait un peu. L’autre donnait une ligne plus calme, mais elle coupait les courbes trop franchement. J’ai préféré la première quand je voulais revoir le vrai passage.
Sur les portions à découvert, les deux applis se sont tenues bien mieux. J’ai vu moins d’écart, et j’ai pu marcher sans garder les yeux fixés sur l’écran. En revanche, mon Samsung A54 a perdu un tiers environ de batterie avec AllTrails que mon iPhone avec Komoot sur la même boucle. Au bout de 4 heures, le téléphone a chauffé un peu, surtout quand je laissais la luminosité haute.
Dans un vallon sans réseau, la carte téléchargée m’a sauvée d’un arrêt sec. J’ai gardé ma position affichée sans latence sur le téléphone qui était prêt, et l’autre a mis trop de temps à charger le fond. J’ai senti tout de suite la différence entre une carte déjà là et une carte qui attend le signal. Sans mode hors ligne, j’aurais perdu du temps au pire moment.
Au bout du compte, ce que j’ai retenu pour mes prochaines sorties bourguignonnes
Sur cette boucle de Santenay, j’ai trouvé Komoot plus solide pour la lecture du terrain sous les arbres et dans les vignes. J’ai aimé sa trace plus proche du vrai passage, même quand elle tremblait un peu dans les passages serrés. AllTrails m’a surtout rassurée quand je voulais vérifier qu’un chemin existait entre deux parcelles. Pour quelqu’un qui accepte de préparer sa trace la veille, je garderais Komoot comme premier choix.
J’ai gardé trois limites en tête, et elles restent là après 25 km. Le GPS dérive encore dans les zones boisées, les chemins étroits restent mal représentés, et le recalcul pousse par moments vers l’axe le plus large. La batterie descend vite avec l’écran allumé en continu, et la lisibilité baisse quand la lumière retombe en fin de sortie. J’ai appris à préparer mes cartes hors ligne, puis à zoomer aux intersections avant de m’engager.
Pour une balade tranquille, ou pour un cycliste qui veut juste suivre un repère simple, j’ai trouvé AllTrails plus lisible au soleil au départ. Pour un cavalier ou une cavalière qui aime vérifier le terrain avant chaque bifurcation, je garderais Komoot sous la main. De mon côté, j’ai aussi envie d’essayer une appli plus tournée vers la randonnée équestre, parce que mes sorties à cheval ne se lisent pas comme mes marches. Je suis rentrée de Santenay avec une idée simple, le terrain commande, et l’écran ne fait que suivre.



